L'Hypoglycémie, c'est quoi ?
Dr Danielle Perreault,
collaboration spéciale
La Presse, 29 Avril 2001

Dr André Nadeau,
endocrinologiste, CHUL

    On sait que le cerveau ne peut manquer d'oxygène. Il ne supporte pas davantage de manquer de glucose. Si le taux de sucre dans le sang devient trop bas, le cerveau déclenche une réaction qu'on appelle « adrénergique ». On pourra ressentir alors les symptômes suivants : palpitations, nervosité, agressivité, chaleurs, transpiration et tremblements. D'autres types de malaises peuvent apparaître comme la difficulté à se concentrer ou à s'exprimer, une vision embrouillée ou des étourdissements.
    Peu importe les causes, on parle d'hypoglycémie lorsqu'on ressent des symptômes passagers dus à une baisse du niveau de sucre dans le sang. Une quinzaine de raisons médicales peuvent entraîner des réactions hypoglycémiques. La principale est reliée au diabète lorsqu'il y a débalancement entre l'apport nutritionnel et les doses d'insuline, par exemple.

L'hypoglycémie réactionnelle
    L'hypoglycémie réactionnelle est relativement rare. Elle frappe une personne autrement en bonne santé, environ deux heures après le repas, surtout après le petit-déjeuner. La « crise » dure de 10 à 30 minutes et est écourtée si la personne avale une bouchée riche en sucre. Ces réactions sont plus marquées après un repas « sucré » et se retrouvent chez les personnes actives de poids normal ou même maigres.
    Que se passe-t-il ? Certains suspectent une surproduction passagère d'insuline qui entraînerait une trop grande chute du taux de sucre sanguin. L'insuline est la clé qui permet aux cellules d'absorber les sucres qui circulent dans le sang. Mais on nage encore dans l'incertitude quant aux mécanismes exacts.

Comment établir le diagnostic ?
    On peut établir clairement le diagnostic d'hypoglycémie réactionnelle si, au moment des symptômes typiques, la glycémie est inférieure à la normale (entre 2 et 3 ) et si ces symptômes disparaissent avec la prise d'un aliment riche en sucre.
    Ceux qui manquent d'énergie et croient souffrir d'hypoglycémie sans les symptômes décrits plus haut font fausse route. La fatigue est une symptôme très répandu et plusieurs s'en plaignent à une certaine époque de l'hiver.
    Il faut aussi savoir que certains symptômes peuvent être dus à des causes médicales diverses comme l'hypotension orthostatique, l'épilepsie, l'attaque de panique, etc.
    D'où l'importance d'une consultation médicale dans le but, bien sûr, de recevoir des soins adéquats.

Que faire ?
    L'hypoglycémie réactionnelle peut causer des symptômes impressionnants. Mais cela n'en fait pas une maladie grave pour autant. Suivre des consignes diététiques comporte toujours des contraintes, mais la majorité des patients s'adaptent très bien.
    Le glucose est la forme la plus primaire de nutriment. Tous les aliments que nous mangeons se transformeront tôt ou tard en glucose. Certains plus vite que d'autres. Donc, pour éviter que le taux de sucre sanguin ne s'élève trop rapidement et pour empêcher la surproduction d'insuline qui s'ensuit, on recommande d'éviter les sucres concentrés (sucre blanc ou brun, miel, mélasse, confitures, chocolat, bonbons, boisson gazeuse et boissons aux fruits, etc.),  et de choisir des sucres dits complexes contenus dans les pâtes, le riz, le pain, les céréales et les légumes. Ces derniers aliments libèrent leurs sucres de façon plus lente et plus constante. Les aliments riches en fibres retardent l'absorption des sucres et ceux qui sont riches en protéines (noix, arachides, oeufs, légumineuses, viande, volaille, poisson) se transforment plus lentement en sucre.