Alimentation et Gras Oméga-3       Mesurez votre audience

d'après J.-M. Gagnon, La Presse , Dimanche 17 Mars 2002

Alimentation nord-américaine et gras polysaturés

    Les gras polysaturés sont de type oméga-6. Plusieurs études récentes indiquent que notre alimentation nord-américaine contient trop d'omémga-6 (huiles de maïs, de tournesol et de soja) et pas assez d'oméga-3 (gras insaturés). Nous consommons jusqu'à 20 fois plus d'oméga-6 que d'oméma-3n alors que la proportion idéale serait de 6 pour 1.

    Les acides gras oméga-3 ont des effets très bénéfiques pour la santé : ils préviennent les maladies cardiaques et les cancers (côlon, sein et prostate), soulagent les maladies inflammatoires de l'intestin, améliorent l'acuité visuelle, combattent les troubles de comportement chez l'enfant, aident les femmes enceintes à mener leur grossesse à terme, augmentent le quotient de développement chez les jeunes enfants, combattent la schizophrénie, l'épilepsie, la maniaco-dépression, les rhumatismes, l'arthrite et le psoriasis... La liste des bienfaits des oméga-3 s'allonge de mois en mois.

    Et où trouve-t-on ces substances miracle ? Outre dans les margarines insaturées et les oeufs oméga-3, dans les poissons gras : sardine, maquereau, thon, saumon et truite.

Les poissons d'élevage

            Presque tout le saumon atlantique consommé au Québec est en fait un poisson d’élevage qui n’a jamais vécu en mer. Au lieu de consommer dans l’océan ses aliments naturels (crustacés, algues, petits poissons, …), ce poisson est nourri en bassin d’élevage avec une pâtée  faite de farines et d’huiles de poissons, de colorants qualifiés de synthétiques mais qui sont naturellement présents dans les algues en haute mer, de farines de céréales telle celle de soya.

            Or on nous informe que ce saumon atlantique de notre assiette est probablement produit au Chili à partir d’une pâtée non réglementée, non contrôlée par aucun organisme officiel, et provenant peut-être en majorité de céréales riches en oméga-6 ! Cela explique, bien sûr, pourquoi les saumons d’élevage, selon une étude française, contiennent 10 fois moins d’oméga-3 que les poissons sauvages. Toutes les personnes qui, selon le Conseil des diététistes, consomment plus de saumon et de truite pour améliorer la qualité des gras ingérés apprennent donc que leur virage alimentaire n’a vraisemblablement pas les résultats escomptés.

            Faut-il bannir les poissons d’élevage et consommer plus de sardines, de maquereau et de thon, qui sont encore pêchés en mer ? Cette solution n’a pas d’avenir, car « la pêche est au bord de l’effondrement partout sur la planète », selon Daniel Pauly du Centre sur les pêcheries de l’Université de la Colombie-Britannique. D’ici quelques années, l’aquaculture sera notre seule source de consommation de poissons. Il importe donc qu’on investisse rapidement dans des recherches visant à améliorer l’alimentation de ces poissons d’élevage et que nos diététistes informent les consommateurs de la situation actuelle, pour qu’ils prennent des décisions éclairées.