Alzheimer et Aricept          Mesurez votre audience

collaboration Sylvie St-Jacques
La Presse, Montréal, Dimanche 25 Août 2002

L'Aricept, cinq ans plus tard

« L'année 1997 a représenté un tournant dans le traitement de la maladie d'Alzheimer. »

    Il y a cinq ans, l'homologation de l'Aricept offrait une lueur d'espoir aux personnes atteintes de cette maladie ainsi qu'aux membres de leur entourage.
    « L'Aricept permet de garder les gens à la maison pendant une année supplémentaire, ce qui est considérable pour une maladie qui présente une espérance de vie après diagnostic d'environ six à huit ans », explique le Dr Serge Gauthier du Centre McGill d'études sur le vieillissement, de Montréal.
    « Les gens retrouvent l'intérêt à faire des choses ainsi qu'un éveil aux réalités quotidiennes », poursuit le Dr Gauthier qui qualifie l'Aricept comme le "standard" actuel en termes de traitements contre l'Alzheimer. « L'une des caractéristiques de personnes atteintes d'Alzheimer est qu'elles deviennent apathiques et cessent de prendre des décisions. Nous avons observé que les gens traités avec l'Aricept regagnaient un entrain pour cuisiner ou tricoter, par exemple. Par contre, ils ne peuvent pas revenir en arrière pour des gestes plus élaborés comme conduire une auto. »

    Avant l'introduction de ce médicament, il n'existait aucun traitement spécifique pour atténuer les effets dévastateurs de la maladie d'Alzheimer. L'Aricept qui se compose d'inhibiteurs de la cholinestérase est indiqué pour traiter les symptômes de la maladie d'Alzheimer à ses stades d'intensité légère à modérée. On songe toutefois à prolonger son usage auprès de malades ayant atteint un stade plus avancé de la maladie.
    « Les personnes atteintes d'Alzheimer qui présentent des troubles de comportement se font administrer des tranquillisants. Or, des études nous ont permis de découvrir que l'Aricept avait un bon effet sur le comportement. »
    Pendant les prochaines années, les recherches concernant les traitements de la maladie d'Alzheimer seront orientées vers la prévention. « Afin que les personnes qui ont des antécédents familiaux puissent se prémunir contre la maladie », ajoute le Dr Gauthier.
    On estime que plus de 350 000 Canadiens ont reçu un diagnostic d'une forme ou d'une autre de démence.