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Neurosciences du Comportement     (11) 
                                


" L'agressivité détournée " (Retour: Plan
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notes 11: Les Autres    extraits (pages)

Le groupe
La société
La domination
L'aliénatio
n

Le groupe
    L'individu ne peut opposer sa niche environnementale qu'il a intériorisée dans son système nerveux aux autres niches personnelles de ses contemporains. Il peut conserver un jardin secret qu'il n'ouvre au public que s'il est sûr de ne pas provoquer de scandale qui se retournerait contre lui. Mais le plus souvent, n'ayant pas appris à se servir de son imagination, il ne possède même pas de jardin secret. Il est même le plus souvent ignorant des multiples aspects de sa niche et n'en voit que les grandes avenues où celles des autres convergent ou se croisent. Il se réunit alors à d'autres individus pour former un groupe social.
   Chaque individu du groupe ainsi constitué constatant, grâce à un langage commun, l'analogie de structure de la petite partie de sa niche environnementale qu'il connaît et dont il a conscience avec celle des autres, pense alors que l'univers connu se réduit à cette connaissance confirmée par sa concordance avec celle des autres. (171)
    Inconscients de la sympathie qui les unit, les individus n'agissent qu'en vue de maintenir la structure du groupe. Il apparaîtra un antagonisme de groupes qui ne disparaîtra qu'à la désorganisation du plus faible. La constitution des groupes étant affective, le groupe victorieux sera le plus agressif et ayant le mieux su utiliser techniquement ses connaissances pour agir sur son environnement matériel et humain. On comprend comment s'est établi le règne des civilisations techniques et l'appropriation privée des moyens de production. (172)

La société
    À côté des rapports du groupe avec les autres groupes environnants, culminant de nos jours dans les rapports de  production, il y a aussi les rapports de chaque individu à l'intérieur du groupe. Il semble que depuis le début de l'urbanisation, la spécialisation de chaque individu dans une tâche particulière l'a rendu de plus en plus dépendant de l'ensemble. Alors que l'homme primitif à l'intérieur du clan était capable de contrôler les facteurs de sa survie et de sa famille, l'homme urbanisé devient un rouage d'un ensemble dans lequel son action spécialisée concourt à la survie de cet ensemble.Mais c'est ce groupe social qui se charge du contrôle des facteurs de la survie individuelle. Chaque homme ne peut subvenir directement et seul à ses besoins. Il n'est plus maître de son propre destin et il le sera d'autant moins que les rouages de l'énorme machinerie sociale iront en se compliquant en le laissant ignorant de leurs mécanismes. (173)
    Entre l'individu et l'espèce il n'existe qu'un obstacle, les groupes sociaux. (174)

La domination
    L'évolution vers la planétisation de l'Homme se réduit à l'antagonisme de classe avec le capital et le prolétariat. L'un et l'autre enjambent les frontières qui subsistent encore, permettant à l'un et à l'autre, par exaltation du sentiment national, de cacher ses motivations dominatrices. Sans posséder la propriété privée des moyens de production, l'homme exploite l'homme du seul fait qu'il essaie de dominer son semblable ou du moins d'appartenir à un groupe dominant, donc exploitant.
    L'exploitation de l'homme par l'homme ne résulte pas seulement de la possession par quelques-uns des moyens de production. Ce n'es là qu'un moyen de dominer. Faites-le disparaître, la domination s'installe à nouveau rapidement sous une autre forme. L'exploitation de l'homme par l'homme résulte de sont instinct de domination inscrit dans son paléocéphale reptilien. Mais comme, isolément, il ne pourrait dominer la masse de ses contemporains, il s'allie ou tente de s'allier à la classe dominante, le plus souvent pour assouvir plus ou moins bien, plus ou moins complètement, son affectivité dominatrice. Quand il n'y parvient pas, il s'allie à la classe dominée pour trouver un exutoire à son agressivité. (175)

L'aliénation
    Il est nécessaire de démythifier le vieux cerveau, les notions de mérite, de liberté et d'intelligence, de donner à un plus grand nombre le moyen de parvenir à la conscience première de notre aliénation interne. Sans quoi, l'aliénation externe ne disparaîtra jamais.
    Tout le malheur de l'homme vient encore de ce que nous tournons notre agressivité contre nos semblables, même si ce sont eux qui vivent en nous. Nous ne voulons reconnaître le plus souvent la dignité d'Homme qu'à ceux dont la niche environnementale coïncide à peu près avec la nôtre. Mais il ne nous viendrait jamais à l'idée de rechercher une niche capable de contenir toutes celles présentes aujourd'hui sur la planète.
    Quand cette niche sera construite nous n'aurons plus la liberté de vivre en dehors puisqu'elle ne devient signifiante qu'à partir du moment où nous l'avons intériorisée dans notre système nerveux. (176) 


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