CollaboPM_C.gif (5782 octets)                                                                    2-La Personne
Neurosciences du Comportement     (01)                                   


" L'agressivité détournée " (Retour: Plan)
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 notes 1: Introduction (pensée Laborit)         
"extraits" (pages)
termes de couleur: essentiels (discussion ultérieure)
italique: dans le texte de Laborit

    "Il est dit fréquemment que nous quittons une civilisation industrielle pour entrer dans une civilisation scientifique... Une civilisation scientifique s'oriente vers la synthèse, vers l'interdisciplinarité, vers la mise au point et l'organisation des connaissances humaines.
    Son véritable objectif, celui de la science, est la connaissance de l'inconnu. Mais la connaissance ne peut être que celle de l'énergie et de la matière en quoi se résume l'univers, et celle des différentes formes qu'elle prend en son sein.
    Enfermé en lui-même, l'Homme s'est conçu séparé de l'univers qu'il observait et croyait exister en dehors de lui, sans être vraiment conscient de ce qu'il le pénétrait jusqu'à la moindre de ses particules élémentaires. Il s'est ainsi conçu différent du monde qui l'entourait, isolé, observateur de ce monde, sans bien réaliser que c'était encore ce monde qui s'observait en lui. Découvrant l'énergie sans être pour autant capable d'en définir la valeur, tout en en considérant les effets, il a conçu un univers thermodynamique et précisé les lois qui le gouvernent.
    Il s'est conçu libre, dans ce monde déterminé, dont il découvrait pas à pas l'implacable rigueur et l'organisation cosmique..(5)
    Or, il s'aperçoit au bout de cette longue histoire de conquêtes que la conquête la plus difficile, alors qu'elle paraît la plus simple, puisqu'elle est en lui, c'est la connaissance de ce qu'il est.
    L'Homme constitue bien jusqu'ici une entité assez exceptionnelle au sein de l'univers, nous devons considérer qu'il n'en est, peut-être momentanément, que la forme, hiérarchiquement organisée, la plus complexe.
    Malheureusement,  nous en sommes encore au stade de l'analyse et non d'une synthèse aussi imparfaite qu'elle puisse être et rendue difficile par l'abondance des faits observés en l'absence encore récente d'une méthodologie des structures.
    Chaque disciple d'une discipline particulière, malgré sa conscience réfléchie, est le plus souvent inconscient du fait qu'une pulsion fort primitive, inscrite fort bas dans l'organisation hiérarchique de son système nerveux, l'oblige à vouloir dominer ses contemporains et pour cela à rejeter la participation à la recherche commune des disciplines auxquelles il n'entend goutte du fait de sa formation spécialisée.
    Est-ce que vraiment la notion de territoire qui fait uriner les chiens le long des réverbères ne peut vraiment  pas être dépassée une fois pour toutes dans le comportement de l'homme contemporain?
    Cela provient aussi du fait sans doute qu'une structure vivante, organisme animal ou social, admet difficilement la particule étrangère. Elle dérange ses habitudes biologique et donc, au niveau supérieur, ses habitudes de pensée. Or, la biologie par rapport aux autres sciences humaines est une étrangère, venue récemment troubler l'ordre établi, les hiérarchies instituées. (6)
    Elle oblige à penser différemment, d'autant plus qu'elle ne se présente pas seule (écologie, anatomie et physiologie comparée,  physique biologique, biologie moléculaire, ...).
    Enfin et peut-être surtout elle se présente avec une méthodologie nouvelle de l'action, qui porte les noms de cybernétique et de l'organisation, qui porte celui de théorie des ensembles ou de mathématiques modernes, celle des structures. Elle ajoute à l'énergie et à la matière la notion fondamentale d'information.
    Il en résulte que l'homme se conçoit de moins en moins isolé au milieu de la nature, de moins en moins libre aussi. Il voit la "nature" pénétrer en lui, mais sous une forme hiérarchisée, dans le temps par l'évolution, dans l'espace par l'addition et les interrelations dynamiques des structures. Il peut réaliser enfin que le court chemin pour transformer son espace social ... est ... d'agir sur lui-même pour s'entraîner à la longue marche qui lui laisse à faire. Alors,   il aura enrichi, complété et transformé la thermodynamique humaine, le travail humain, par toute l'information transportée à travers les âges de la vie depuis son apparition sur la terre." (7)

    "Comment espérer qu'un jour l'Homme que nous portons tous en nous puisse se dégager de l'animal que nous portons également si jamais on ne lui dit comment fonctionne cette admirable mécanique que représente son système nerveux? Comment espérer voir disparaître l'agressivité destructrice, la haine, la violence et la guerre? N'est-il pas indispensable de lui montrer combien aux yeux de la science peuvent paraître mesquins et ridicules les sentiments qu'on lui a appris à considérer souvent comme les plus nobles sans lui dire que c'est seulement parce qu'ils sont les plus utiles à la conservation des groupes et des classes sociales, alors que l'imagination créatrice, propriété fondamentale et caractéristique de son cerveau, n'est le plus souvent, c'est le moins qu'on puisse dire, absolument pas exigée pour faire un honnête homme et un bon citoyen." (8)


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